Ekilibre.64 – Elle plonge dans l’écrin des canyons – sud-ouest 2012

Elle plonge dans l’écrin des canyons

Virginie Faure guide ses clients dans les vasques et les cascades du Pays basque

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Dans son canyon, Virginie Faure espère éduquer son public à la nature. (Photo Bertrand Lapègue/« Sud Ouest »)

Ça se passe là-haut, du côté d’Estérençuby, en remontant vers les sources de la Nive à partir de Saint-Jean-Pied-de-Port. Au cœur de ce Pays basque intérieur largement ignoré par les estivants en maillot de bain qui se bousculent sur les plages. Pourtant, le maillot de bain est bel et bien la tenue réglementaire pour qui arpente le canyon Harpea en compagnie de Virginie Faure, la monitrice de canyoning et escalade, qui connaît les lieux comme sa poche.

Il y a là un monde d’exubérance aquatique et végétal, une enclave taillée dans le calcaire qui dévoile ses attraits à qui le mérite, entre descentes en rappel et sauts dans des vasques en contrebas. Au terme d’une longue marche d’approche dans les moutonnements basques. « C’est un monde à part mais c’est le mien. Je m’y sens beaucoup plus à l’aise que dans une grande ville », avoue-t-elle. Peut-être y a-t-il une vague réminiscence de l’hostilité urbaine dans cette recherche d’un refuge silencieux au pied des falaises. Virginie Faure a quitté la région parisienne à l’âge de 3 ans pour grandir à Bayonne. Elle s’est formée à l’escalade sur les roches du mont Darrin. Elle s’est aussi lancée dans le canyoning « à la sauvage, en short et en K-Way », à une époque – récente – où il n’y avait pas âme qui vive à l’entrée des gorges. Cette époque est définitivement révolue. La pratique de masse des jeux d’eau a éclipsé la solitude minérale des pionniers. « Il y a une demi-douzaine d’années, j’ai dû repartir en quête d’un site qui convienne. Il y avait trop de monde sur les contreforts de la Rhune, trop de problèmes avec les voisins ou avec les pêcheurs… », soupire-t-elle.

Camp de base à Espelette

Virginie Faure a retrouvé ses marques. Le camp de base d’Ekilibre.64, sa petite structure, est aujourd’hui établi entre Espelette et Itxassou, dans les locaux de la ferme Erreka. Le canyon Harpea comble ses envies de nature et d’authenticité. « Il s’y crée une ambiance particulière, que l’on peut comparer aux tropiques : la lumière, la végétation luxuriante, les fougères et les chèvres sauvages… On se sent vraiment dedans quand, comme moi, on a la chance d’observer une vipère avaler une truite. Ou quand les vautours survolent le canyon », détaille-t-elle.

Le public qui la suit n’a jamais vécu de scène de ce genre. Il est généralement dépourvu de repères dans cet univers en rupture avec le quotidien. « Mes clients sont des citadins qui ne connaissent pas les codes de la vie à la campagne. Des jeunes qui viennent faire la fête sur la côte et qui partent à la découverte de l’intérieur. Il faut à la fois les materner et faire preuve de fermeté. On se rend rapidement compte que les gens se mettent en danger quand ils ont peur. J’en ai déjà vu devenir agressifs ou se mettre à pleurer. Dans tous les cas, il faut être très présent, car le canyoning reste une pratique à risques », juge Virginie Faure. Elle se souvient ainsi avoir été confrontée – ailleurs qu’à Harpea – à une brutale montée des eaux comme à un éboulement massif. Le contact avec une clientèle détachée du biotope basque fait tout l’intérêt du métier. « J’ai des surprises en permanence. On ne sait jamais à qui on va avoir affaire. Les gens se révèlent, en ce type de circonstances. Il se dégage une certaine simplicité qui me va bien », ajoute-t-elle.

De l’éducation populaire

À mesure qu’ils progressent avec de l’eau jusqu’à la taille, peut-être les pratiquants d’un jour se laissent-ils pénétrer par la fragilité des lieux et par l’impérieuse nécessité de les préserver. Virginie Faure aime à penser qu’elle les guide dans ce double cheminement, topographique et intérieur. « J’ai le sentiment de participer à l’éducation du public », dit-elle. Dans son autre vie, la jeune femme est éducatrice spécialisée dans l’agglomération bayonnaise. « Et, quand on est éducatrice, on essaie de soigner le monde », sourit-elle en soulignant la cohérence de ses deux activités.

Sud-Ouest

Par Jean-Denis Renard , le 9 août 2012

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Une réponse à Ekilibre.64 – Elle plonge dans l’écrin des canyons – sud-ouest 2012

  1. Coutant dit :

    Virginie est super sympa! Accueil chaleureux et parcours extra. Accessible à tous. Nous recommandons pour un tarif abordable. Les photos sont bon souvenir. A faire.

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